62 % des jeunes affirment avoir travaillé pendant l’été 2007 et parmi eux 14 % n’avaient pas de contrat de travail. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) auprès de 895 jeunes pendant l’été 2007. Publiés début juillet, les résultats montrent que les heures supplémentaires de 25 % des saisonniers n’ont pas été rémunérées.

Un job d’été pour vivre toute l’année. 41,7 % des jeunes ont travaillé pour payer leurs charges et assurer financièrement leur quotidien (raisons “pour vivre” et/ou “pour payer mes études”). Pour 63,8 % des travailleurs estivaux, leur activité professionnelle leur a permis de se faire de l’argent de poche. Le financement du permis de conduire est lui cité par 18,3 % des enquêtés. Plus d’un quart des 15-30 ans ont travaillé pour acquérir une expérience professionnelle et éventuellement pou voir rebondir par la suite.

Le droit du travail est méconnu des 15-30 ans. Seulement un tiers des jeunes pensent très bien connaître leurs droits en tant que travailleurs. Ils sont 18 % à estimer ne pas bien les connaître, un chiffre qui laisse supposer un taux réel de personnes ayant des conditions de travail non conformes plus important que celui indiqué par l’enquête.  La quasi totalité des jeunes estimant ne pas bien connaître leurs droits ont moins de 23 ans (96 %)

Des logements trop chers l’été. Un quart des enquêtés habitent à plus de 20 km de leur lieu de travail et 40 % à moins de 5 km. Même parmi ces derniers la proportion de jeunes affirmant vivre loin de leur travail est importante, ce qui semble mettre en évidence des problèmes de transports. L’éloignement oblige plus d’un jeune sur cinq à trouver un logement proche de son emploi. 20,9 % d’entre eux estiment que se loger l’été coûte trop cher et 13,4 % disent ne pas avoir de bonnes conditions de logement. Certains jeunes sont contraints de vivre six ou sept dans un studio pendant toute la saison alors que d’autres dorment dans leur voiture et prennent leur douche sur la plage le matin.

Richard Dethyre, sociologue et auteur du livre Avec les saisonniers, réagit aux résultats de l’enquête : “Les saisonniers ne sont pas une population homogène. Il y a une grande différence entre ceux qui travaillent pour financer leurs études et ceux qui font les saisons depuis quinze ans. Dans tous les cas on est loin des Bronzés font du ski ! Les 14 % des jeunes qui travaillent sans contrat s’expliquent par la situation de l’emploi en France : les jeunes sont obligés d’accepter ce qu’on leur propose. Il faut ajouter qu’il y a un réel problème de connaissance du droit du travail. Il faudrait envisager un enseignement de ces droits dès le lycée parce qu’aujourd’hui ce sont les associations qui jouent ce rôle. Il y a une rupture importante entre l’école et le monde du travail. Notre pays est malade de cela.”

Témoignage d’Anaïs, étudiante et animatrice dans un centre de vacances pendant l’été 2007: ” Le centre avait l’obligation de nous nourrir mais on nous servait les reste de la veille ou de l’avant-veille du restaurant des vacanciers. On a même eu à manger de l’andouillette qui datait d’une semaine.”

Les résultats complets de l’enquêtes sont téléchargeables sur le site de la JOC




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